Le but de cet article n’est pas de présenter une étude complète sur le codes secrets ou le matériel utilisé, mais seulement quelques objets figurant dans ma collection. Quelques livres intéressants figurent dans la bibliographie, particulièrement le livre de Didier Müller, Les codes secrets décryptés. Diverses utilisation de la règle type Lawrence y sont détaillées. Une visite de son site est aussi à conseiller (voir rubrique liens).
Dans cette rubrique liens vous trouverez un nouveau lien concernant un site consacré aux machines de chiffrement utilisées notamment lors de la seconde guerre mondiale. Des logiciels de simulation très réussis, de très belle facture graphique sont librement téléchargeables. Lors de la rédaction de cet article on pouvait y trouver les simulateurs suivants : Enigma, BC-52, ATOMIX, M-209 ainsi que de nombreuses notices et logiciels intéressant les espions amateurs et les amateurs d’espionnage.
A noter qu’en cherchant bien sur le Site du Slide Rule Museum (rubrique liens) vous pourrez trouver la notice complète (16 pages en anglais) de la règle Lawrence téléchargeable en format PDF.
Le Transpositeur à Permutations Secrètes
Conçu par Georges Lugagne dont la société fournissait aussi de nombreux codes télégraphiques. Système de codage et décodage polyalphabétique, servant surtout à surchiffrer un message déjà codé à l’aide de l’un des livres de code Lugagne. La règle comprend 20 réglettes mobiles et déplaçables, comportant des alphabets désordonnés (26 caractères et le tiret), les réglettes sont numérotées de 0 à 9, et sont montées dans un chassis, tête-bêche en deux séries de 10 (10 réglettes en entrée du texte à coder, les 10 autres en lecture du texte à coder. La clé est un nombre de 20 chiffres formé par les chiffres portés sur les réglettes dans un ordre convenu. Le dispositif a été breveté sous le N° 461217 en 1913. Une version mécanisée, se présentant sous forme de calculette munie de 20 disques à engrenage à été breveté en 1922 sous le N° 537446 mais il ne semble pas qu’elle ai été fabriquée. Ainsi, sur la photo suivante, le mot « -LINEALIS- » est codé ainsi « CIJIURIK » avec la clé « 42138657092798154036 »
Les livres de code
A la fin du dix neuvième et au début de vingtième siècle, envoyer un télégramme dans un pays lointain était une opération couteuse et compliquée. Les télégrammes étaient envoyé par fil ou par radio en code morse ou en code Baudot, d’abord envoyés manuellement et reçu à l’écoute, par la suite à l’aide de bandes de papier perforées lors de l’émission et perforées ou imprimées à la réception, ils pouvaient être interceptés et communiqués à des tiers par les opérateurs. Suivant la destination, des relais étaient parfois nécessaires, recevant et renvoyant les messages au poste suivant. Les messages étaient facturés au mot, les mots ne devant pas comporter plus de 10 caractères. Afin de réduire les couts, des livres de code ont été inventés, pour transformer une phrase ou une partie de phrase en un mot convenu.
Tous ces codes comportent un cahier de codes en blanc afin d’être personnalisés.
Code Omnibus, petit livret de 144 pages au format de poche 161 x 100 mm relié en cuir bordeaux. Daté de 1900, son auteur, M. V. de Kircheisen est aussi l’auteur de code A-Z. Un exemple extrait de ses pages : « Ochran » signifiait « envoyez nous le meilleur appareil photographique », chaque page comportait une cinquantaine de phrases ainsi compressées.
Le code télégraphique français A-Z, du même auteur, daté de 1903, etait un code commercial plus conséquent, 440 pages au format 280 x 230 mm. Une méthode de surchiffrement, manuelle et assez fastidieuse, peu fiable était proposée dans le même ouvrage.
Le code télégraphique Français Coste de 1888 est un volumineux ouvrage de 650 pages au format 320 x 245 mm. Illustré de belles cartes du réseau télégraphique international de l’époque. Sa préface donne une information précieuse, en 1888 le cout d’envoi d’un mot de 10 lettres maximum pour l’Indochine était de 10 francs 1888, pour référence le coefficient de transformation INSEE qui ne démarre qu’en 1901 donne 1 franc 1901 = 3,40 euros 2005, en approximant, le cout d’envoi d’un mot correspondrait à au moins 34 euros !
Le code télégraphique international Lugagne de 1914 est certainement le plus bel exemple de ces codes, environ 1000 pages 280x 200 mm, multilingue (français, anglais, portugais, espagnol, allemand, italien, esperanto, il sert aussi d’outil de traduction. Codant des parties de phrase sur 3 caractères, le même code à la même signification, quelque soit la langue. Un algorithme permet de calculer un dixième caractère terminant le mot et servant de code de confirmation, un chapitre est consacré au redressement des erreurs à partir de ce code. Des cartes du réseau télégraphique, des tables de conversion de monnaies et d’unités de mesure, une notice sur le fonctionnement et les règles du télégraphe, des notes sur le transposeur et sur d’autres ouvrages Lugagne complètent cette belle édition. Mon exemplaire N° 23095 porte le cachet « A.-CH.-JAZET-Constantinople »
extrait d’une page en esperanto
Un petit exemple d’utilisation à partir de mots figurant dans cette page : L’expression en français « remise du révolver en stock » se traduit par le code « uahukpugl », la somme des codes clé figurant à gauche des mots est de 18+37+31=86, la table des codes clé donne 86=« c », le mot de dix lettres à transmettre télégraphiquement est donc « uahukpuglc », à réception, et à l’aide de l’extrait ci-dessus la traduction en esperanto est « remeto revolvero en rezervo », la lettre clé confirme qu’il n’y a pas eu erreur dans la manipulation. Avant la transmission il est possible de surchiffrer le message à l’aide du permutateur.
Vue partielle d’une des cartes du réseau télégraphique
L’édition 1923 est une version améliorée de l’édition de 1913 en français uniquement. Exemplaire N° 9639.
L’édition 1929 est totalement remaniée. Gros volume de 980 pages 320 x 250 mm en français uniquement. Le cout des télégrammes a baissé, la technique a évoluée. Des sociétés telles que les Ateliers Jules Carpentier (ancêtre de Thomson) ont fabriquées des machines électro-mécaniques servant à la transmission à l’aide d’un clavier. Les parties de phrase sont codées sur 5 caractères, un nouvel algorithme est utilisé permettant de retrouver le caractère manquant à partir des quatre autres. Exemplaire N° 2549. C’est la dernière édition de ces livres de code.
A remarquer, tous ces livres de code, quelque soit les auteurs, avaient un éditeur unique, les Editions Boyveau et Chevillet à Paris
LAWRENCE secret code maker DICK TRACY code maker
Chiffrement monoalphabétique du type du chiffre de Cézar. ce système a été souvent appelé « la réglette de Saint-Cyr », car servant à l’instruction des futurs officiers dans la période 1880/1900 (Voir livre et site de Didier Müller cité par ailleurs).
En bois, 153 x 28 mm, parfois livrée avec un curseur dont l’emploi est très facultatif, cette règle a d’abord été fabriquée par LAWRENCE jusqu’aux années 1950. Le bâti comportait sur une échelle, deux alphabets ordonnés dans l’ordre A-Z, sur l’autre cinq séquences ordonnées de 1 à 0 + les chiffres 1 et 2. Sur la réglette , deux alphabets ordonnés dans l’ordre A-Z, deux alphabets ordonnés dans l’ordre inverse (Z-A) et cinq séquences numériques ordonnées de 1 à 0 + les chiffres 1 et 2. Elle était destinée à coder des messages dans les entreprises et les administrations quand le niveau de sécurité demandé n’était pas trop élevé, le but étant surtout de se protéger contre les indiscrétions. Plusieurs méthodes étaient utilisables, il était nécessaire de convenir de la méthode et de la clé de codage. La deuxième guerre entrainée le perfectionnement et la vulgarisation des méthodes de cryptage, ce système est devenu vite désuet. Dans les années 60, cette règle a été fabriquée à nouveau, à des fins d’initiation et de pédagogie sous le nom de DICK TRACY avec une notice simplifiée de quatre pages. C’est ce modèle qui est photographié.
Le cryptosystème de PENELOPE
Pendant la seconde guerre, la marine américaine a utilisé cette méthode pour protéger ses transmissions radio contre les écoutes hostiles. En effet, pendant les combats, il n’était pas possible de coder toutes les transmissions pour des raisons de rapidité, il était nécessaire de passer les informations et les ordres en direct sans perdre de temps. Les équipements de transmission étaient équipés de lecteurs de cartes perforées qui programmaient automatiquement les canaux (fréquences) utilisées, ces cartes pouvaient être changées rapidement en fonction du plan de transmission choisi. Les références du plan de transmission devaient être codées avant envoi. C’est à ce moment qu’interviennent soit un calculateur mécanique CSP 1750 ou en second choix, la règle CSP 1756 en bois, avec des échelles mobiles en carton, qui pouvaient probablement être aisément détruites. Le mode d’emploi détaillé n’est pas totalement connu. Ce matériel a été déclassifié en 1980.
380 x 70 x 22 mm en bois, échelles fixes en plastique collées, échelles mobiles en carton. Marquée U.S. NAVY CSP-1756 au verso.






